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Une mine historique de 600 kg « pétardée » en rade de Brest
Une mine historique de 600 kg « pétardée » en rade de Brest
3 avr. 2015

Le 31 mars, le GPD Atlantique a contreminé en rade de Brest une mine de fond anglaise de la seconde guerre mondiale. L’engin avait été découvert en février dernier par l’équipage du chasseur de mines Eridan près de l’Anse de l’Auberlac’h à l’occasion d’une plongée d’entraînement.

Avec ses  600 kilos d’explosifs (en équivalent TNT) et son dispositif de déclenchement magnéto-acoustique, cette mine modèle Mark 9de plus de 2 mètres 50 de long et d’un diamètre de 50 cm présentait toujours un danger pour la navigation et les usagers de la rade de Brest. La préfecture maritime de l’Atlantique a ordonné sa destruction au Groupement de Plongeurs Démineurs (GPD) de l’Atlantique.

Dans un premier temps, le 30 mars, une équipe de plongeurs démineurs a déplacé la munition au milieu de la rade de Brest pour permettre sa destruction dans des conditions optimales de sécurité avec un impact minimum sur la faune et la flore sous-marine. La mine a été transportée à l’aide de ballons remplis d’air et déposée sur un fond sablonneux à une vingtaine de mètres de profondeur. Cette première opération sensible a été conduite depuis une vedette d’intervention du GPD Atlantique.

L’opération de contre-minage s’est déroulée le lendemain matin depuis le bâtiment base de plongeurs démineurs « Styx », avec le soutien dedeux vedettes de la gendarmerie maritime,chargées de faire respecter un arrêté interdisant la navigation sur une zone de 3000 mètres de rayon atour du point de pétardement. Deux plongeurs démineurs équipés du CRABE (Complete Range Apparatus Breathing Equipement), un système respiratoire particulièrement discret au niveau acoustique et magnétique, ont déposé une faible quantité d’explosif sur la mine et déroulé un câble de mise à feu sur plus de 200 mètres jusqu’à leur embarcation pneumatique. Après avoir effectué les dernières vérifications de sécurité, les plongeurs-démineurs ont déclenché le système d’amorçage, entraînant l’explosion de la mine et l’apparition en surface d’un geyser de plus de 5 mètres de hauteur.

Les mines de fond de la seconde guerre mondiale, bien que de plus en plus rare en rade de Brest, sont encore régulièrement détruites par les GPD ainsi que par les équipages des chasseurs de mines de la Marine nationale le long de la côte Atlantique, en Manche et  Mer du Nord. On estime que seulement 25% des mines mouillées dans ces zones au cours des deux conflits mondiaux ont aujourd’hui été retrouvées et contreminées. Le défi est quotidien pour les chasseurs de mines tripartites et les groupements de plongeurs-démineurs de l’Atlantique et de la Manche.

En 2014, le GPD Atlantique a traité plus de 430 munitions historiques en rade de Brest, remontées pour la plupart dans les chaluts de navires de pêche à la coquille. Ces munitions ont été détruites au cours d’une dizaine d’opérations de pétardement.

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Brest, ville bombardée

Entre 1940 et 1944, Brest a été la cible de 165 bombardements occasionnant de nombreuses pertes humaines (960 morts et 740 blessés graves) et de nombreux dégâts. Pendant les 45 jours de siège qui précédèrent la libération de Brest (entre le 7 août et le 18 septembre 1944), on estime que 30 000 bombes et  100 000 obus ont été déversés sur la ville. Cette dernière mine a été probablement larguée par avion à proximité des deux ducs d'albe situés près de l'Ile Ronde pour détruire les grands bâtiments de guerre allemands susceptibles de s’y amarrer.

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