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Repérage d'une épave datant du milieu du XXe siècle en Atlantique, au large de Belle-Ile
14 mai 2007

A la demande du préfet maritime de l'Atlantique, la marine nationale vient de mener à bien une mission d'inspection sous-marine sur une épave récemment découverte, en dehors des eaux territoriales, à 50 milles marins environ (90 kilomètres) dans le Sud/Sud-Ouest de Belle-Ile (46°34' N - 003°43' W coordonnées WGS 84).

Alerté le 12 mars 2007 par un avion de patrouille maritime des douanes ayant observé à la surface de la mer des irisations semblant provenir du fond, le Centre Opérationnel de la Marine de Brest a dépêché sur place le chasseur de mines tripartite Céphée afin de détecter l'origine de ce phénomène.

L'épave d'un navire de commerce de 135 mètres de long, gisant dans des fonds de 120 mètres a alors été localisée. Posée sur son flanc bâbord, l'épave est intègre et semble répondre par sa forme aux caractéristiques des petits cargos mixtes construits dans l'entre-deux guerres. Le R.O.V. (Remote Operated Vehicule) Ulisse, mis en oeuvre fin avril à partir du BSAD (bâtiment de soutien d'assistance et de dépollution) Argonaute, n'a pas permis de reconnaître le nom du navire et encore moins sa nationalité.

Les vues sous-marines font néanmoins apparaître un chalut retenu par l'épave. Elles montrent également des traces récentes de frottement ayant emporté sur une partie de la coque les concrétions anciennes qui la recouvrent partout ailleurs. Ces traces ont probablement pour origine les funes du chalut.

Des perforations anciennes qui pourraient ressembler à des impacts de tirs d'obus apparaissent. Une fissure de quelques dizaines de centimètres a également été repérée : celle-ci laisse épisodiquement suinter quelques petites gouttelettes d'hydrocarbures qui remontent en surface où elles produisent des irisations qui se dissipent naturellement sous l'effet conjugué du brassage et de l'évaporation.

Des prélèvements d'une faible quantité de ce produit ont pu être opérés. Les analyses faites par le CEDRE (centre de documentation de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux) et le LASEM (Laboratoire d'analyses, de surveillance et d'expertise de la Marine), dont les résultats viennent d'être connus, ont permis d'écarter tout lien avec les quelques arrivées de résidus d'hydrocarbures retrouvées au cours de l'hiver sur les côtes de l'Atlantique et ayant fait elles aussi l'objet d'analyses.

La position de cette nouvelle épave sera portée sur les cartes marines. Elle pourra également être répertoriée dans les inventaires du SHOM (service hydrographique et océanographique de la marine) et de la DRASSM|direction des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, en attendant que les historiens puissent peut-être faire le lien avec un naufrage précis et le nom d'un navire.