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Paroles de sauveteurs en mer : retour sur une évacuation médicale hors normes
12 avr. 2021

Dans la nuit du 8 au 9 avril 2021, au cœur du golfe de Gascogne, à près de 265 nautiques (près de 500 kilomètres) des côtes bretonnes, un marin du vraquier Agri Queen attend d’être secouru. Balayé par une vague quelques heures plus tôt, il souffre de nombreux traumatismes et doit être évacué au plus tôt. Le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) d’Etel prend en charge la coordination de l’opération, sous la direction du préfet maritime de l’Atlantique. Pour porter secours rapidement aussi loin, ce sont les moyens aériens qui sont privilégiés. Le CROSS d’Etel fait alors appel à un hélicoptère Caïman de la Marine nationale capable d’embarquer une équipe médicale et d’hélitreuiller la victime.

Pour le lieutenant de vaisseau Jean-Baptiste, pilote du Caïman, « cette opération d’évacuation médicale à plusieurs centaines de kilomètres des côtes est un record de distance à la flottille 33F ». En effet, parti de la base d’aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic avec à son bord une équipe médicale spécialisée dans le secours en mer du service d'aide médicale urgente du Finistère (SAMU 29), le Caïman n’a pas l’autonomie nécessaire pour conduire un sauvetage si lointain sans procéder à un ravitaillement en mer. C’est pourquoi, après plus d’une heure de vol de nuit au-dessus de la mer, l’équipage de l’hélicoptère Caïman Marine se pose sur la frégate multi-mission Aquitaine, qui patrouillait fort heureusement dans cette zone. Pour le pilote de l’hélicoptère, « tout l’enjeu était d’avoir un positionnement optimal et rapide de la frégate multi missions Aquitaine pour permettre le ravitaillement au bon moment de l’hélicoptère. »

Pendant ce temps, un avion de surveillance maritime Falcon 50 de la flottille 24F, de la base d’aéronautique navale de Lann-Bihoué, décolle pour relocaliser le navire, soutenir l’équipage de l’hélicoptère au large et relayer les communications vers la terre. « Décollage le 9 avril 2021 à 1h du matin puis 30 min de transit avant d’arriver sur zone. Même si la mer était agitée, les conditions sont favorables pour accomplir cette mission » se souvient le second-maître François, en charge de la cartographie à bord du Falcon 50 pour localiser le navire. « Notre présence sur zone a permis au Caïman Marine et au centre opérationnel de la Marine de Brest d’avoir les informations en temps réel sur l’Agri Queen : position, route et vitesse, et de pouvoir caler dans ses moindres détails l’opération d’évacuation médicale. »

À 02h44 le 9 avril, le marin blessé et l’équipe médicale sont treuillés à bord de l’hélicoptère Caïman. « Les conditions météorologiques étaient favorables malgré la nuit noire qui a nécessité toute notre attention dans les phases critiques que sont l’appontage et le treuillage » débriefe le lieutenant de vaisseau Jean-Baptiste.

À 04h15, la victime est déposée au centre hospitalier régional universitaire de la Cavale Blanche à Brest, où elle est prise en charge. Pour le pilote de l’hélicoptère, « c’est enfin une très belle performance au niveau médical puisque le patient a pu être intubé-ventilé et placé sous anesthésie générale à bord de l’hélicoptère en moins d’une heure. » Après 4h30 de vol et un ravitaillement en mer pour l’hélicoptère Caïman marine, cette évacuation médicale de nuit et en haute mer est un succès. « Elle illustre parfaitement la complémentarité des moyens de l’action de l’état en mer et doit sa réussite à l’excellente coordination entre tous les acteurs du sauvetage. » Le lieutenant de vaisseau Jean-Baptiste précise que « seul un entrainement régulier permet de maintenir le niveau requis, j’en profite d’ailleurs pour remercier nos fidèles partenaires de la SNSM ».

Pour le second-maître François et l’ensemble de l’équipage Xénon Écho du Falcon 50, c’est également la fin de la mission. À 20 ans, ce n’est que sa deuxième opération de ce type.  « Je suis très fier d'avoir accompli cette mission, de nuit, et d’avoir permis au Caïman Marine de ne pas perdre de temps une fois arrivé sur zone pour que le blessé soit rapidement pris en charge par l’équipe médicale. »