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Chantier éolien en baie de Saint-Brieuc : dispersion naturelle de la pollution maritime.
15 juin 2021

Suite au rejet accidentel hier d’huile hydraulique par le navire de construction offshore Aeolus, ce 15 juin 2021 en matinée, à la demande du préfet maritime de l’Atlantique, un avion Falcon 50 de la Marine nationale a survolé la zone du chantier éolien de la baie de Saint-Brieuc.

Après un premier survol effectué par les douanes hier après-midi, cette seconde patrouille a permis de constater l’évolution favorable de la situation puisque l’irisation de surface, bien visible hier sur plusieurs kilomètres, a désormais totalement disparu : à l’issue de plusieurs heures de patrouille, elle demeure invisible tant depuis le ciel que depuis les trois bâtiments de surface (le Bâtiment d'Essais Guerre des Mines (BEGM) Thetis, le Bâtiment de Soutien et d'Assistance Affrétés (BSAA) Sapeur et le Bâtiment Ecole (BE) Panthère) dépêchés sur zone par la préfecture maritime.

Ce phénomène de dilution s’explique par la grande faculté de dispersion de l’huile au regard de la quantité rejetée. Avec ce constat d’une pollution en mer qui se dissipe, le risque de pollution terrestre s’éloigne, même si la vigilance et la surveillance des autorités demeurent de mise.

En marge des opérations de lutte contre la pollution maritime, les constatations nécessaires à l’enquête judiciaire ouverte par le procureur de la République de Brest se poursuivent toute la journée. Cette enquête a pour objectif de préciser les faits, d’établir la quantité et la nature des produits rejetés et de rechercher les causes de la pollution. Les investigations établiront si la responsabilité pénale de la société Van Oord est engagée et si des poursuites judiciaires doivent en découler.

Les officiers de police judiciaire de la gendarmerie maritime se sont ainsi rendus à bord de l’Aeolus afin de procéder à des auditions et à des prélèvements de l’huile incriminée ; ces échantillons permettront au Centre de Documentation de Recherche et d'Expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE) de caractériser la pollution de façon plus précise.

Ce n’est qu’une fois ce travail accompli que le procureur de la République de Brest pourra autoriser l’Aeolus à quitter la baie de Saint-Brieuc pour procéder à ses réparations. Les différents moyens de l’Etat en mer sont donc pour l’instant maintenus sur zone par mesure de précaution. Un dernier survol sera effectué en soirée par un avion de patrouille maritime Atlantique II de la Marine nationale.

 

Rappel des faits :

Le 14 juin 2021, à 06h30, le navire d'installation offshore Aeolus, appartenant à la société Van Oord, déclare une fuite d’huile de 100 litres au Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) de Corsen, référent national en matière de pollution maritime.

La pollution est détectée par le satellite Cleanseanet puis confirmée par un avion des Douanes à 14h20. Ce premier état des lieux établit alors une pollution par huiles synthétiques de 8.6 Nq (16 km) de long sur 1.8 Nq (3,3 km) de large. Du fait de l’état calme de la mer et de l’ensoleillement, et malgré la faible quantité de produit rejetée, cette irisation est particulièrement visible.

D’ampleur significative, la pollution justifie le déclenchement de plusieurs moyens aérien et maritimes. La préfecture maritime de l’Atlantique transmet par ailleurs rapidement les éléments observés au procureur de la République de Brest, à présent en charge du dossier.

L’Aeolus réalise depuis le début du mois de mai des travaux de forage en baie de Saint-Brieuc dans le cadre du projet de parc éolien porté par la société Ailes Marines.

Des photos sont accessibles sur ce lien de téléchargement : https://cutt.ly/ZnJqgjP